(AFP) - Jean-Noël Guérini, candidat socialiste à Marseille, doit absolument, pour détrôner le maire UMP Jean-Claude Gaudin, gagner deux secteurs du centre-ville où la fusion des listes PS/MoDem avant le second tour des municipales a relancé le suspense. Pour l'emporter, la gauche qui a déjà conquis deux des huit secteurs au premier tour, doit obligatoirement arriver en tête dans trois autres secteurs. Le 7e lui est logiquement acquis. Restent les 1er et 3e secteurs, détenus par l'UMP, où droite et gauche sont au coude à coude. "La victoire est à portée de main. Le rassemblement avec le MoDem proposé par M. Guérini favorise cette possibilité", commente Patrick Mennucci, tête de liste PS dans le 1er secteur, au vu de ses résultats (39,21%) et de ceux du MoDem (6,08%), qui le placent désormais sur le papier à cinq points devant l'UMP Jean Roatta, maire du secteur (39,94%). Le directeur de campagne de Jean-Noël Guérini lorgne aussi sur les 7,57% d'électeurs d'Armelle Chevassu, meilleure score de l'extrême gauche à Marseille, "pour qu'ils sanctionnent le bilan Gaudin/Sarkozy". Armelle Chevassu, elle, n'a pas apprécié "l'orientation centriste du PS". "Pour nous, dit-elle, le MoDem c'est la droite, Marseille doit se gagner à gauche". Toutefois, les listes "Marseille contre-attaque à gauche" ne donnent pas de consignes de vote, réaffirmant seulement "l'intérêt qu'aurait au plan national la défaite de Jean-Claude Gaudin, numéro 2 de l'UMP". "Les Marseillais ne sont pas des moutons", répète à l'envi l'UMP Jean Roatta. "Pour prouver qu'ils ne sont pas d'accord avec ce choix (du MoDem, ndlr), peut-être ils n'iront pas voter ou peut-être ils voteront pour nous". "Les mathématiques, c'est une science exacte, la politique non", dit-il encore. Et n'oubliez pas que beaucoup, 40%, n'ont pas voté au premier tour", poursuit le vainqueur de Patrick Mennucci aux législatives, par 248 voix. Jean-Claude Gaudin, venu le soutenir dans son quartier d'Endoume, admet tout de même que ce sera "difficile". Mais même si le 1e secteur tombe dans l'escarcelle de M. Guérini, il lui faudra aussi conquérir le 3e où la liste qu'il conduit, a été devancée par l'UMP Renaud Muselier, premier adjoint (42,16% contre 37,51%). "M. Muselier lui met cinq points dans la vue, ça continuera au second tour", prédit M. Gaudin. Si elle bénéficiait d'un report total des voix du MoDem (6,30% à un ex-Verts), la liste Guérini arriverait à 43,81%, et à 49,58% avec celles de l'extrême gauche, tandis que M. Muselier semble avoir fait le plein des voix. Mais là aussi les mathématiques ne sont pas fiables. Antoine Rouzaud, numéro 3 sur la liste Guérini, le sait: "Il peut y avoir des déperditions de voix. L'électorat n'est pas propriété de qui que ce soit". Observant que "l'extrême gauche appelle à battre Gaudin, le FN (6,28%) à s'abstenir", il ajoute: "Ce sera trés serré quoi qu'il arrive". Pour Renaud Muselier, "le 1er tour a cassé la dynamique de M. Guérini. Il collectionne les étiquettes et essaie d'organiser la chasse au Gaudin. Eh bien, je pense qu'il va perdre, à Marseille comme dans mon secteur". "Je compte sur le rassemblement des Marseillais", a indiqué à l'AFP Jean-Noël Guérini qui s'apprêtait à recevoir jeudi la visite d'"un ami personnel depuis fort longtemps", le maire PS de Lyon Gérard Collomb. S'il emporte les 18 sièges des 1e et 3e secteurs, avec les 19 gagnés au 1er tour et la quinzaine pratiquement acquis dans trois autres secteurs, M. Guérini aura la majorité absolue au conseil municipal (101 sièges).
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