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Municipales: bataille plus dure que prévu pour les sarkozystes (13/03/2008)

(AFP) - Les candidats UMP estampillés sarkozystes ou proches du chef de l'Etat sont engagés, au second tour aux municipales, dans une bataille parfois beaucoup plus difficile que prévu.             Si beaucoup de ministres ont été élus ou réélus d'emblée, l'ultra-sarkozyste Christian Estrosi (Outre-mer) a obtenu à Nice un score décevant (35,8%) alors qu'il espérait, en début de campagne, détrôner le maire sortant UMP Jacques Peyrat dès le premier tour. Il devrait néanmoins l'emporter dimanche.             Sa collègue Rachida Dati (Justice) n'a aucun souci à se faire pour le second tour, mais elle aussi a été mise en ballottage dans le très droitier VIIème arrondissement de Paris.             Une autre proche de Nicolas Sarkozy, Rama Yade, secrétaire d4etat aux Droits de l'homme, n'est pas assurée de la victoire à Colombes, où elle est la colistière d'une maire UMP au coude à coude avec la gauche.             Toujours dans les Hauts-de-Seine, Manuel Aeschlimann, un proche du président, est en situation périlleuse à Asnières, où sa gestion est fortement attaquée par ses adversaires.             La très sarkozyste porte-parole de l'UMP Nadine Morano n'est arrivée que troisième (24,4%) à Toul et se retrouve, même si elle a gommé toute référence à l'UMP pendant sa campagne, en fâcheuse posture pour ravir la mairie au PS.             A Reims, les électeurs ont désavoué le candidat UMP qui s'était longtemps targué du soutien du chef de l'Etat, Renaud Dutreil, dépassé par son ancienne collègue des gouvernements Raffarin et Villepin, Catherine Vautrin.             A Périgueux où M. Sarkozy a effectué l'une de ses rares visites de terrain pendant la campagne électorale, Xavier Darcos (Education) a fort à faire pour garder la ville le 16 mars.             Bien qu'élu dès dimanche dernier, Xavier Bertrand (Travail), présenté comme l'une des cartes maîtresses de l'Elysée, a fait dix points de moins qu'en 2001 à Saint-Quentin.             Enfin dans le fief même du président, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Arnaud Teullé, dissident UMP mais soutenu par la famille Sarkozy et les proches du chef de l'Etat (Patrick Balkany, Brice Hortefeux), devrait être battu par Jean-Christophe Fromantin, il est vrai finalement investi par l'UMP. M. Sarkozy les avait reçus tous deux.             "C'est indiscutable qu'il ne fallait pas s'afficher pro-Sarko. Et si le scrutin avait eu lieu 15 jours plus tôt, le résultat aurait été encore plus catastrophique pour l'UMP", analyse un ténor du parti.             Aux cantonales, le fils cadet du président, Jean, l'a emporté dès le premier tour à Neuilly-Sud, mais en recueillant sur son nom 51,9% des voix, contre 73% en 2001 à son prédécesseur UMP. Son adversaire MoDem Alexandre Harmand a réalisé un joli 28,9% alors qu'il n'a fait que 4,6% aux municipales, où il ne représentait pas la seule "offre" non-sarkozyste.             François Guéant a été battu dans un canton du Morbihan qui lui semblait a priori acquis. Le vainqueur, un candidat sans étiquette, avait mené campagne contre le parachutage du fils du secrétaire général de l'Elysée.             A l'inverse, les élus les plus hostiles à M. Sarkozy ou considérés comme loin de la sphère sarkozyenne, à l'image d'Alain Juppé à Bordeaux, de François Baroin à Troyes ou de Georges Tron à Draveil, s'en sont bien sortis.             Le villepiniste Jean-Pierre Grand, en délicatesse avec la direction de l'UMP, l'a emporté en améliorant son score de 2001 dans sa ville héraultaise. "Ca me conforte dans mon action locale, mais aussi dans mes positions nationales", a-t-il averti.             Exception: l'anti-sarkozyste François Goulard est menacé à Vannes (Morbihan), dans une Bretagne de plus en plus rose.

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