(AFP) - Le Conseil d'Etat a signé la fin du tract électoral entièrement en allemand, une spécificité en Alsace et Moselle fondée sur un texte de 1919, a-t-on appris vendredi auprès d'élus et de défenseurs du bilinguisme. Jusqu'au dernier scrutin, les professions de foi en français des candidats en Alsace et partiellement en Moselle, pouvaient être doublées par un second formulaire en allemand, forme littéraire de l'alsacien encore usité dans certaines vallées de la région et surtout chez les personnes âgées. Acheminés par l'administration, ces tracts électoraux étaient confectionnés aux frais des candidats, mais leur étaient remboursés intégralement s'ils obtenaient au moins 5% des voix. Le ministère de l'Intérieur a supprimé en début d'année cette disposition rappelant que l'article 29 du Code électoral stipule qu'un candidat "ne peut envoyer qu'une seule circulaire à chaque électeur via la commission de propagande". Saisi par des élus et par l'association Culture et Bilinguisme, le Conseil d'Etat a confirmé cette décision le 22 février dans un courrier dont l'AFP a reçu copie. Désormais les candidats ne pourront se faire rembourser leur profession de foi que si elle est imprimée sur une seule feuille, recto verso, qui comprendra s'ils le souhaitent une traduction en allemand. Selon Culture et bilinguisme, le ministre de l'Intérieur aurait ainsi trouvé un moyen "pour supprimer de fait les professions de foi en allemand ou en langue régionale", puisqu'il limite la possibilité du candidat de s'exprimer plus exhaustivement. Il s'agit là "d'une nouvelle régression contre l'utilisation de la langue régionale dans la vie publique", selon François Schaffner, président de l'association. Pour Gérard Cronenberger, maire d'Altkirch et président des élus du Haut-Rhin, il s'agit d'un "nouveau coup de canif porté au bilinguisme public" et à la langue régionale. Interrogé par l'AFP, Justin Vogel, maire de Truchtersheim (Bas-Rhin) et défenseur du bilinguisme, a annoncé qu'il allait demander un débat sur ce sujet fin avril au Conseil régional dont il est membre.
Un site du Courrier des maires en partenariat avec :
Le Courrier des maires, c'est aussi une newsletter d'information complète chaque vendredi.