(AFP) - La sévère défaite subie dimanche par la droite aux élections municipales avait eu un précédent en 2004, avec un véritable raz-de-marée de gauche aux régionales et une très forte poussée aux cantonales. Au soir du 29 mars 2004, second tour des élections régionales et cantonales, la gauche savourait une large victoire, deux ans à peine après la réélection de Jacques Chirac à l'Elysée et l'arrivée de Jean-Pierre Raffarin à Matignon. Sur les écrans de télévision, apparaissait une carte des régions de France presque totalement rose, seules l'Alsace et la Corse restant acquises à la droite. Du côté des départements, ce second tour de cantonales apportait une dizaine de départements à la gauche qui, jusque-là, n'en détenait qu'une quarantaine sur cent. En s'adjugeant vingt régions sur vingt-deux, la gauche reprenait douze des quatorze régions détenues par la droite depuis 1998 et inversait totalement le résultat de 1992 qui avait vu la droite remporter la totalité des régions, excepté le Limousin et le Nord-Pas-de-Calais, historiquement à gauche. La gauche, majoritaire pour la première fois depuis la réélection de François Mitterrand en 1988, parlait de déroute totale de la droite qui enregistrait moins de 37% des voix aux régionales et moins de 43% aux cantonales, malgré une honnête participation, à 65,8% et 66,5%. François Fillon, Valéry Giscard-d'Estaing, Jean-Pierre Raffarin lui-même, étaient battus. Des régions réputées imprenables comme les Pays-de-la-Loire, la Basse-Normandie, la Lorraine, avaient basculé à gauche. Quant aux cantonales, les vainqueurs eux-mêmes se montraient surpris du gain de certains départements. "A la majorité de tirer les conséquences d'une élection qui, pour être locale, n'en a pas moins une dimension politique qui n'est pas contestable", déclarait le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. La défaite semblable subie en 1992 par la gauche aux régionales avait d'ailleurs provoqué le départ d'Edith Cresson, remplacée à Matignon par Pierre Bérégovoy. Mais cette fois, M. Raffarin, n'envisageant pas de partir, concédait seulement que "des changements s'imposent certainement".
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