(AFP) - Malgré le cinglant revers subi par la droite aux municipales, Nicolas Sarkozy a décidé de persister dans sa politique de réformes et de ne procéder qu'à quelques "ajustements" à la marge et dans la forme, notamment pour répondre aux inquiétudes de son camp. Respectant scrupuleusement la ligne annoncée par le président pendant l'entre-deux tours, ministres et conseillers de l'Elysée ont affiché leur unanimité dimanche à la clôture du scrutin. Non, les municipales "ne sont pas le match retour de la présidentielle" et le sévère recul de la droite, illustré par la perte de Toulouse et Strasbourg ou la défaite du ministre de l'Education Xavier Darcos à Périgueux, ne constitue en aucun cas un "vote sanction". Oui, "il faut poursuivre les réformes plus loin, plus vite et plus fort". Sourd aux appels de la gauche réclamant un changement de cap, le Premier ministre François Fillon a donné le +la+ en jugeant "malvenu de tirer des leçons nationales" des scrutins municipaux et cantonaux, et en assurant que "la bataille pour l'emploi et le pouvoir d'achat doit s'accentuer". "Nous avons pris une claque, c'est incontestable", mais le scrutin "traduit l'impatience des Français", analyse un proche de M. Sarkozy. "Il convient donc d'accélérer le rythme des réformes, notamment sur le front de la modernisation de l'économie ou des retraites". L'Elysée en veut pour preuve une enquête Ipsos-Dell diffusée dimanche, révélant que 39% des Français sont partisans d'une accélération du "rythme des réformes voulues par Nicolas Sarkozy", pour 27% qui souhaitent le voir ralentir. Pressenti depuis des semaines, le remaniement issu des municipales ne concernera donc, outre le remplacement à l'Outre-mer du vainqueur de Nice Christian Estrosi, qu'une poignée de secrétaires d'Etat qui viendraient muscler l'équipe dirigée par François Fillon. Les nouveaux maroquins devraient couvrir, selon des sources proches de l'Elysée, l'industrie, l'emploi, l'économie numérique, l'aménagement du territoire ou le Grand Paris. Parmi les probables titulaires, figurent l'actuel porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez, auréolé de sa victoire de premier tour à la mairie du Puy-en-Velay, l'ex-présidente de la SNCF Marie Idrac, le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants Alain Marleix ou le porte-parole de l'UMP Yves Jego. En réponse à tous ceux qui, y compris dans son camp, l'accusent de dévoyer la parole présidentielle, Nicolas Sarkozy a également décidé de remanier sa communication. L'Elysée a annoncé lundi, à la faveur du départ de David Martinon, la suppression du poste de porte-parole et décidé d'élargir les fonctions de son actuel conseiller presse et communication, Franck Louvrier. La parole du chef de l'Etat sera désormais relayée par deux de ses plus proches collaborateurs, le secrétaire général Claude Guéant et le conseiller diplomatique Jean-David Lévitte. Autre innovation, la création d'un pôle "politique" confié à l'ex-journaliste Catherine Pégard. "Le but est clairement d'améliorer les relations avec les parlementaires de l'UMP, qui se sont sentis mis de côté notamment lors de l'épisode du rapport Attali", explique-t-on à l'Elysée. De quoi répondre aux inquiétudes de l'UMP, sonnée par sa défaite. Son vice-président Jean-Pierre Raffarin a jugé lundi que le gouvernement devait "corriger le tir sur un certain nombre de points". Et le chef de son groupe à l'Assemblée, Jean-François Copé, a réclamé que ses troupes soient "plus associées" aux réformes.
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